Nous avançons donc dans la rue tandis que L. fait un rapport à A., avec mon accord, de ce qu’il a dégagé de notre conversation.
"Sofy si ça te dérange de rentrer chez ta copine à cette heure là, tu peux prendre notre chambre d'hôtel, vu qu'appremment on y seras pas, faut bien qu'on paye pour que ça profite à quelqu'un!
_ Merci mais ça ira, je vais rentrer.
_ T'es sûre ? Parce qu'on a un jacuzzi, un billard, un sona...
_ Non ça va, vraiment. Merci."
On arrive bientôt à proximité de l’hôtel alors que L. profite du fait que A. soit un peu derrière pour me dire « Tu devrais essayer de brancher mon pote. Il est moins bon que moi mais il parait qu’il sait s’y prendre. » Je lui réponds que c’est pas mon genre, et qu’on en avait suffisamment parlé ce soir pour savoir ça. Quand il revient à notre niveau, L. lui demande : « A., de quoi tu souffres le plus quand on est en séminaire ? La fatigue, l’abstinence ou le fait qu’on travaille non stop ? ». Et l’autre répond : « Je pourrais te dire des conneries mais vraiment le truc qui me fait le plus chier c’est l’abstinence ». A ce moment, L. me glisse avec un sourire « Tu vois, tu peux le brancher il serait open ». « Allez, fais-moi un bisou pour te faire pardonner ! ». Je lui fais donc une bise en rigolant, puis il me dit que je dois faire pareil à A. J’embrasse donc A. qui m’embrasse à son tour (tout ça sur la joue, je vous rassure), tout en me disant que c’est le genre de trucs qui dégénère avec des mecs bourrés. lol
On finit par arriver à l’hôtel en même temps que l’on croise les deux femmes en voiture. L. se rappelle soudain qu’il y a un bar de nuit incorporé à l’hôtel et que ce serait mieux d’aller boire un verre là plutôt que de se taper 40 bornes pour aller chez elles. Celles-ci sont d’accord, ayant conscience que ça n’aurait pas été bon pour eux de rentrer sur les routes ivres morts. On rentre donc à l’intérieur. Le maître d’hôtel fait une drôle de tête en nous voyant arriver. L. demande si on peut accéder au bar et on s’y installe. Il demande ce qu’on veut boire. Il y a des amateurs de vin blanc… « Monsieur vous avez une bouteille de vin blanc ? Ca ne va pas coûter plus de 60 € hein ? J’ai un budget à respecter ! ». Les femmes s’écrient que ouh là non, ça ne va pas dépasser 60 € ! L. rajoute que les autres dépassent leur budget de 50 000€ quand ils partent en séminaire. Le maître nous apporte des verres et la bouteille. Je dis à L. qui allait pour me servir que je n’en voulais pas. Il me dit que c’est dommage puis la discussion commence. Il me serait impossible de vous raconter tout ça tellement j’étais le gaz et incapable de tenir une conversation sensée.
Au bout d’un moment A. donne un coup de coude à L. en train de boire et celui-ci se renverse tout son vin blanc sur sa chemise déjà méchamment tâchée. Il se sert un autre verre de vin et le renverse exprès sur la chemise d’A. Moi je suis morte de rire alors que les deux femmes font remarquer que la chemise n’est pas récupérable. « Oh c’est pas grave, j’en rachèterai une autre. J’en achète à la pelle. »
Vers 4h10, je dit à L. que je m’en vais. « Oh non, reste encore un peu ! ». Non, là il faut vraiment que je rentre. Comme je ne voulais pas qu’il me raccompagne en voiture, il me dit « Bon bah je te raccompagne au moins jusqu’à la porte ». Dehors on se fait la bise.
« Tu n’as qu’à venir demain matin prendre le petit-déjeuner ?
_ Ouh là, demain je vais pas être levée avant…
_ 8h ?
_ (Hum) Euh… ouais.
_ Eh bien on dit 8h30-9h ici ! Tu n’auras qu’à demander à la réception de nous appeler.
_ Okay, comme ça je te donnerai mon adresse e-mail.
_ Voilà ! »
C’est bizarre mais j’avais vraiment envie de le revoir.
Sur le chemin du retour, alors que je me repasse la soirée dans la tête, je me dis que j’ai vraiment de la chance. Je n’arrive pas vraiment à y croire, et je suis presque à me pincer pour me demander si je ne rêve pas. Arrivée chez moi, je file sur Internet pour vérifier son identité. Il n’avait pas menti.
Le lendemain matin le réveil est très, très dur. Mais je suis là-bas pour 9h15. Je demande à la réceptionniste de les prévenir de mon arrivée. Ca ne répond pas. Elle me conseille de voir dans la salle des petits-déjeuners. Ils n’y sont pas. Elle rappelle, et m’informe après l’avoir eu qu’il sort de la douche et qu’il arrive. En effet cinq minutes plus tard il descend, frais comme une rose.
« Ca va ? me demande-t-il en me faisant la bise.
_ Oui, fatiguée.
_ Ah bon ? »
Ca a l’air de l’étonner mais c’est que j’ai pas dormi plus de trois heures cette nuit ! Il paie, puis me demande de l’accompagner jusqu’à sa voiture dans le garage.
« Je suis levé depuis deux heures, j'ai eu le temps de faire un footing. On a pris une de ces cuites hier, m’informe-t-il en rigolant. Enfin, tu l’as vu.
_ Oui, en effet !
_ A. nous a fait un de ces trucs… Il a vomi toute la nuit !
_ Etonnant ! »
Alors qu’il continue à parler, on approche de sa grosse voiture.
« Putain ce bordel ! C’est A. qui a rangé ma voiture… C’est la dernière fois ! »
Il se met alors a vidé pour tout ranger en incorporant ses valises. Il téléphone à son partenaire pour qu’il se dépêche de descendre.
« On a fait un deal avec Phosphore. Tu lis Phosphore ?
_ Oui.
_ Tu préfère ça ou l’étudiant ?
_ Etant donné que je lis pas l’étudiant…
_ Ah oui ! Dans Phosphore ils parlent jamais de sexe, alors que c’est quand même quelque chose qui intéresse et concerne les ados… et les parents ! »
C’est drôle parce que je m’étais fait la même réflexion quelques jours auparavant.
« On a plein d’affiche de Phosphore, de trucs comme ça. Tiens, je te donne ça »
Il me tend un hors-série des ‘Inrockuptibles’ pas encore sorti. Je le remercie, enthousiaste.
« Tu connais le Time ?
_ Oui bien sûr !
_ Tiens, ils nous ont donné ça, je sais pas ce que c’est. Cadeau. »
Je le prends toute contente en le remerciant une nouvelle fois.
« Tiens je te donne des stylos OFUP, ça fait toujours classe d’en avoir dès ta rentrée en fac ! »
A. finit par arriver. Je sais pas si c’est son état normal ou quoi, mais il a l’air toujours bourré. Il vient vers moi en me disant « check ! ». On fait donc un check alors que L. rigole.
« Tu vas chercher un boulot quand tu seras étudiante ?
_ Oh oui, sûrement !
_ Comme je te l’ai dit hier on recrute surtout en université. T’as de quoi noter ? Tiens, je te donne ce numéro. T’appelles de ma part et t’as un boulot direct.
_ Je te remercie !
_ Désolé de partir si tôt mais j’ai réussi à faire reculer notre réunion à Marseille à 14h, donc faut qu’on parte vite. A. t’as rendu les clefs de la chambre ?
_ Non ! répond-t-il nonchalamment depuis la place du mort.
_ Merde, elles sont restées dans la chambre ! Faut aller le dire à la réception !
_ Rien à foutre j’en bouffe des chattes ! »
L. et moi nous regardons avant de rire. « Il est dans un état… »
Au moment de partir, L. m’informe, après échange de carte de visite, qu’un journaliste m’appellera pour écrire l’article. Ca paraîtra dans Courrier International. Je pourrais même donner une interview sous le nom Sophie D. Mais je préfère rester sous X ! lol
Après des bises et des remerciements, les deux Corses reprennent la route de Marseille. Et moi je rentre avec cette sensation bizarre. Comme un manque soudain. Parfois on s’attache à des inconnus…
On pourra dire que j’ai été inconsciente, moi qui d’habitude ai plutôt tendance à fuir les gens bourrés lol mais j’ai fait confiance à mon instinct qui ne m’a pas trompé. J’ai eu de la chance. De la chance de les avoir rencontré, de la chance de lui avoir plu, et surtout de la chance qu’ils n’aient pas été deux mecs en manque complètement dérangés.
Et dire que la veille, j’avais failli ne pas rentrer chez moi par ce chemin…
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"I feel that there is an angel inside me whom I am constantly shocking"
"Can you imagine a world without men ? No crime and lots of happy fat women"